Articles

Comment ma grand-mère n’a pas gagné la valise RTL

  La « valise RTL », pour celles et ceux dont l’évocation de ce concept signifierait qu’ils ont dû passer à côté de cette merveilleuse invention radiophonique en raison de leur jeune âge, était un jeu radio. Sur RTL, donc. En gros, à cette époque datant de l’ancien millénaire, chaque jour, il y a une somme définie, qui monte au cours de la journée. Puis à certains moments, une personne est choisie au hasard dans le bottin ( pour les millenials, il s’agit de l’autre terme pour « annuaire », le gros bouquin jaune et blanc avec plein de numéros de téléphone   et d’adresses dedans, tu as dû en voir dans le grenier chez Papi et Mamie, c’était avant qu’on invente les internets et les téléphones qui n’avaient pas besoin d’être branchés). L’animateur radio appelait cette personne, et lui demandait alors si elle connaissait le montant de la valise RTL. Pour gagner, il suffisait donc de passer sa journée à écouter RTL, noter le montant à chaque changement de nomb...

La photo qui parle

 Elle est affichée dans mon salon. Une photo dans laquelle j’apparais. Une photo que je n’ai pourtant jamais publiée sur les réseaux sociaux, moi pourtant si prompte, même si je me soigne, à partager ma vie. Cette photo, elle est intime. J’en prends conscience au moment de l’écrire. Elle est intime non pas parce qu’elle représente une partie corporelle. Elle est intime parce qu’elle me dévoile. Je m’explique. Cette photo, prise à un instant de ma vie bien précis, a le super pouvoir de changer de signification. À chaque fois que je la regarde, j’y lis un message différent. Le seul point commun, c’est un mot qui revient à chaque fois : connexion. Cette photo, elle dégage un sentiment d’intimité à mes yeux parce qu’elle représente la connexion ultime. Avec soi ou les autres. Un jour, elle m’a parlé de la connexion malgré le temps qui passe. Une autre fois, c’était d’être connectée avec moi malgré les douleurs perçues. Un autre, c’était d’être connectée avec Lui...

Les humains-étoiles, réflexions entre astrophysique et ethnologie

Image
  Il paraît que nous sommes tous des fragments d’étoiles. Des poussières d’étoiles, même. C’est l’astrophysique qui dit ça : https://www.nationalgeographic.fr/espace/notre-organisme-est-compose-de-poussieres-detoiles-vieilles-de-milliards-dannees Comment ça se traduit concrètement quand on est humain sur la planète Terre ? Comment ça se passe quand une poussière d’étoile nommée Kevin, Apuyaga ou Lucette rencontre Maurice, Mohammed ou Isabella ? C’est l’objet de ma réflexion du jour. Je me suis donc interrogée sur les similitudes et les différences entre humains faits de chair, de sang et d’émotions et les étoiles composées de gaz et de matière. Alors déjà, parlons nombre.  Y’a beaucoup d’étoiles.   Genre vraiment beaucoup. Entre 200 et 400 milliards rien que dans notre Galaxie. Et en vrai, on ne sait pas combien il y en a, vu que les mystères de l’Univers résistent encore aux scientifiques. D’ailleurs, existerait-il un nombre pour traduire la quant...

Une pieuvre qui enseigne

Image
  "La sagesse de la pieuvre" Avez-vous vu ce film documentaire ? J’en avais entendu parler au moment de sa sortie, notamment avec toutes les récompenses qu’il a obtenues. Ça n’avait pas attisé suffisamment ma curiosité à ce moment-là, l’idée de passer plus d’une heure à mater un poulpe ne devait pas correspondre à mon état d’esprit du moment. Et puis une personne chère à mon coeur m’a raconté l’importance que ce film avait eu pour elle, qu’il lui avait permis de ressentir des émotions en lien avec nous. Et qu’il avait désormais une peluche poulpe avec laquelle il conversait parfois. ça, ça m’avait donné bien plus envie de voir ce film qu’un Oscar. Ben ouais, un film qui donne envie de parler à des objets tu penses … Me vlà donc à lancer Netflix pas plus tard qu’hier soir. La claque. Clairement, c’était le bon moment pour le visionner. Alors je voudrais pas divulgâcher. Je vais donc le résumer de deux manières. Mode basique, factuel, terre à terre : Un r...

Petite leçon de manipulation

  J’écris très souvent à la faveur de la lune. Ce soir, elle illumine mes pensées à des centaines de kilomètres de mon cocon crémolan, mais à quelques centaines de mètres d’une partie de mon cœur. Ici, je suis toujours plus proche de moi. Une intro ma foi fort litteraire pour introduire le sujet du jour, ou que dis-je, de la nuit : la vérité. Qui dit vérité, dit forcément révélation. Ce soir, après avoir passé une journée entre la plage et le canapé en pestant sur mon manque de motivation à ouvrir mes dossiers professionnels, je me suis posée sur les réseaux sociaux. Et là, j’ai découvert que notre présidieu Macron avait, une fois de plus, dégoupillé une grenade lors d’une interview. Mais à la lecture des réactions de tous bords, c’est l’image du mentos dans le coca qui m’est venue. Le mec il a perdu les pédales, ça y est. Je ne vais pas m’étendre sur le côté politique de la chose, je n’ai pas forcément envie de parler séparation des pouvoirs, ou droit constituti...

Il n'y a pas d'âge pour ça

Image
 Dimanche 5 juillet 2020, 16H C’est l’heure à laquelle son fils l’appelle tous les jours. Il a pris cette habitude depuis quelques temps. Après des mois confinés, ce RDV téléphonique quotidien joue efficacement son rôle de lien entre un fils et sa mère. Aujourd’hui, pourtant, il ne l’appellera pas. À partir d’aujourd’hui, il ne l’appellera plus. Je suis dans la voiture. Dans un tourbillon. Je rentre chez moi. Je n’avais jamais vécu ça. Je ne le revivrai jamais. Je viens de quitter le lieu où le cœur de mon père a choisi de cesser de battre. Il y a quelques minutes encore, je pleurais dans les bras de ma mère et de mon frère à côté d’un sac plastique au sol dans lequel le corps de papa était enfermé, sur cette aire de pique-nique de la route des vacances. La douleur de l’instant était à la hauteur de la beauté du lieu : puissante. Les vacances ne débuteront pas cet été.     J’imagine que toutes les personnes qui perdent un proche dans des condition...

Ôde à cette rue

Image
Crémieu, début juin 2024 Une tente apparaît en plein milieu d’une rue fréquentée. Du monde dehors, apparemment tous de la même famille. Pas de joie, pas de rires. Des larmes. Une famille crémolane en deuil. La matriarche s’en est allée. Au même moment, un post sur le fameux groupe Facebook de la cité. L’annonce du décès de cette petite dame que je croisais parfois. Cette dame d’origine maghrébine au parcours extraordinaire que je découvre au fil de ma lecture du post. Et des commentaires. Beaucoup de commentaires. Des crémolans. Certains la connaissaient, d’autres non. Et à travers ces témoignages d’affection, de condoléances, c’est tout un village qui entoure cette famille d’amour dans cette période douloureuse. La tente reste plusieurs jours, obligeant voitures à changer d’itinéraire et piétons à naviguer entre les bancs et les nombreux proches de la défunte. Je n’entends personne s’en plaindre. C’est juste normal. Crémieu, 21 juin 2024 Dans cette même rue, quelques ...