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Ôde à la flemme

  La flemme n’existe pas Je sais, je jette un énorme pavé dans la mare quand je balance ça tout de go. Oui, j’assume complètement mon propos : LA FLEMME N’EXISTE PAS . Oui, oui, même pour toi l’ado qui passe ses journées allongé au milieu de papiers vides de barres de céréales et de linge non rangé. Oui, oui, même pour toi l’homme ou la femme qui préfère ne pas regarder la pile de vaisselle pour aller scroller Facebook sur ton canapé. Et oui, aussi, pour toi, le sportif accompli qui a sa prochaine course dans 1 mois mais qui ce soir, préfère la chaleur de son foyer à l’humidité des sous-bois. Quand j’explique ça aux personnes que je forme -généralement ça arrive juste après « les caprices ça n’existe pas » mais on en parlera une autre fois, ça vaut son pesant de cacahuètes aussi – j’ai droit à, dans le désordre : des ricanements, des yeux levés au ciel, des soupirs, des haussements de sourcils. Une fois, j’ai entendu un « Merci !!! », mai...

Hier, j’ai emmené mon chien à l’EHPAD

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  Je sais, je vous ai habitués à des titres bien plus travaillés, des teasings, des jeux de mots… Là, je décide de vous poser ça comme ça. C’est à la fois le début, le milieu et la fin de mon histoire. Je vais tâcher de romancer davantage pour que vous compreniez où je veux en venir. Hier, ma chère Mamie fêtait ses 92 ans. Elle vit depuis plusieurs années dans un EHPAD dans lequel elle se sent bien et où Alzheimer arrive à se faire discret. Marie - c’est le prénom de ma chouette grand-mère - était un peu fatiguée. C’est pourquoi il n’était pas envisagé de la sortir pour qu’elle souffle ses bougies. RDV était pris pour la retrouver à l’EHPAD. D’ordinaire, quand ma Mamie sort, c’est chez ma maman que je la retrouve. Et c’est tout naturellement que je viens avec mon fidèle Pumpy. Marie, elle aime les chiens. Elle les adore. Ils lui rappellent son chien Rosette. Mes compagnons canins successifs ont toujours été d’une douceur absolue avec ma Mamie. Et pourtant, en plus d’êtr...

Chasse. Ah ? Cours !

  Je suis cavalière. Ceux qui connaissent le milieu de l’équitation savent qu’il existe une myriade de manière d’être cavalière. Chaque discipline est singulière. Ma discipline à moi, c’est l’absence de discipline. J’ai quasiment tout testé. Seul le ski-joëring me manque. Mais ce n’est pas faute d’avoir voulu, j’avais fabriqué un harnais armé de bambous du jardin pour mon cobaye-Young. Mais le réchauffement climatique (enfin le capitalisme) avait déjà décidé de me priver de neige. Toute cette introduction pour dire qu’il a fallu que je passe par un essai de tout pour comprendre que ce que j’aimais dans le cheval, c’était justement le rien. Rien à sauter, rien à attraper, rien à poursuivre… Du moins rien de manière artificielle. Et pourtant, il m’arrive de sauter des troncs d’arbres, d’éviter des branches basses au galop, de faire des demi-tours impromptus, d’attraper au vol une gourde envoyée par une copine, d’ouvrir une barrière à cheval. Mais pour de vrai. Dans la na...

L'histoire vécue par l'orthophoniste dans les cabinets du cabinet...

  Parce que je crois qu’on a tous un besoin de légèreté, je choisis aujourd’hui de laisser ma dignité de côté et de vous conter un grand moment offert par ma carrière d’orthophoniste. Cet évènement avait déjà suffisamment d’impact sur moi pour que je m’en épanche alors sur Facebook… Nous sommes le vendredi 15 septembre 2017, en début d’après-midi. Je suis seule dans mon cabinet d’orthophonie, mes collègues, ces pantouflardes, ayant préféré un week-end rallongé. La salle d’attente est vide, je viens de raccompagner mon petit patient de 13H30. Je suis ravie, j’ai 60 min de pause devant moi, ça fait toujours du bien. Une heure idéale pour terminer un compte-rendu, préparer la séance suivante, se mettre à jour dans sa compta… Sauf que bon, en vrai, on la connaît, celle-là, je me fais couler un café et je zone sur les réseaux sociaux. Je regarde mon planning, je termine à 18H30, les patients vont s’enchaîner. Vite, je file aux toilettes. C’est quand même mieux de prendre ce te...

Stéphane, Camille et le monde sans temps

  Lundi  7H Le réveil de Stéphane vient de sonner. Il ouvre péniblement un œil, puis le referme. Il ne se presse pas, il avait réglé d’autres alarmes. A 7h05. Et à 7h10. Puis 7h15. Quand il est motivé, il lui arrive même de se lever avant celle de 7h20. Pendant ce temps, Camille est déjà active. En ce début d’été, les jours sont longs, elle est réveillée tôt par le soleil. Elle a déjà arrosé le potager et s’apprête à nourrir les poules. Elle s’est levée avec une petite nausée. Impossible pour elle de déjeuner, elle a dû mal digérer le dîner d’hier soir. Un thé a suffi aux aurores, et a permis d’étancher sa soif matinale. 12H Stéphane souffle. La sonnerie a retenti dans les couloirs du collège où il enseigne l’histoire-géographie. Ce n’est pas le job de ses rêves, mais ça lui permet d’avoir du temps libre pour aller courir. Il ne l’a pas dit à ses collègues, mais il s’est inscrit au marathon de Paris. Un pari qu’il a fait avec lui-même. En attendant ce soir et ses 10 km...

J'ai tenu ma promesse, Monsieur

  Il est entré déterminé dans mon bureau. Un sourire sincère, une poignée de main franche et une voix assurée. On avait échangé un peu au téléphone avant ce RDV : son parcours médical, l’opération qu’il allait subir, les traitements de chimiothérapie, les conséquences sur sa voix, sa parole, sa déglutition. Il était conscient de tout ça. Rien de quoi entacher sa détermination à dépasser cette épreuve, qui, il en est certain, ne sera qu’une étape parmi d’autres dans sa vie. Il est arrivé dans mon cabinet d’orthophonie car il lui avait été recommandé. C’est moi qui accueille les cas étranges, bizarres, désespérés, parfois un peu flippants. Des syndromes rares aux noms barbares, des séquelles dramatiques d’attentats, des pathologies qu’ont préférerait ne pas connaître, qui viennent bousculer des vies et abîmer les corps. Vies qui viennent se déverser dans mon bureau. Corps qui résistent parfois à mes gestes. Immédiatement, j’aime ce patient. J’aime la confiance qu’il semb...

Solde bancaire négatif: chouette, il pleut !

  L’inspiration du jour est sponsorisée par le constat que désormais, si votre compte bancaire affiche un solde négatif, il est accompagné d’une petite image à côté, représentant un nuage pluvieux. Oui, oui, pour toi public, il m’arrive de tester de temps en temps l’effet caisses vides. Je recommande pas franchement, déjà parce que c’est pas pratique à la caisse de Carrouf, ça te met dans un bad mood, et pour enfoncer le clou, on te balance un cumulonimbus à la tronche dans ton espace client. Alors, si tu me lis et que tu es localisé en France métropolitaine, tu as dû subir ces derniers jours un léger coup de chaud. Et si tu habites en ville, c’est 5 points-degrés de bonus. Et après analyse longitudinale des contenus des réseaux sociaux, il apparaît clairement que lorsque les premières gouttes ont commencé à tomber, chacun s’est mué en envoyé-spécial-météorologue-de-terrain (après nos carrières d’experts COVID puis spécialistes de la géopolitique ukraino-russe) et a partagé sur...