Cancer et flamme jumellite

 Je fais partie des personnes atteintes de flammes-jumellite.

Si j’en parle désormais assez aisément autour de moi aux personnes en capacité de comprendre, c’est la première fois que je fais le choix de développer le sujet sur mon espace personnel.

Si vous ne connaissez pas le termes « flammes jumelles » (FJ) – bienheureux que vous êtes- les ressources abondent désormais, je fais confiance à votre curiosité et votre esprit critique. Il y a à boire et à manger sur cette thématique, tout autant que sur le cancer.

Parce que oui, je vis ce parcours de la même manière que si on m’avait annoncé un cancer.
J’en fais le constat après quelques années de recul.

Le cancer, le vrai, la maladie, je le vis depuis ma naissance.
Il fait partie de moi.
Il a façonné qui je suis, mais surtout qui j’étais.

Il a débarqué 1 mois avant ma naissance sous la forme d’un cancer du thymus, chez mon papa.
Le thymus, cette glande que la médecine chinoise nomme « le point du bonheur », dont le chakra est celui du « cœur karmique ».
Le seul chakra qui relie les deux flammes jumelles.
Mon chemin était tout tracé.

J’ai développé inconsciemment en miroir, grâce à l’amour de Papa, tout ce que lui et des générations entières d’hommes ont été privés au nom d’une super puissance dominatrice : une super empathie.
Pour les autres.
Mais pas pour moi.
Je ne savais pas que c’était pour ça que j’avais bien + mal physiquement quand les autres souffraient quand moi j’étais si dure au mal, ce qui m’a valu de passer près de la mort à plusieurs reprises.
Je ne savais pas que c’était pour ça que mon diagnostic de fibromyalgie, cette maladie auto-immune invisible si douloureuse, avait été si tardif.
Je ne savais pas que c’était pour ça que je grossissais si facilement, pleine des émotions des autres.
Je ne savais pas que c’était pour ça que j’étais bien plus tournée vers les autres que vers moi.

Ce n’est pas le cancer qui a emporté Papa.
Ce sont tous ses traitements et les fragilités qu’ils ont imposés à son corps, à son cœur, à ses poumons.

J’ai grandi avec un papa conscient de sa vulnérabilité.
Rien n’était grave avec lui.
Je me rappelle de sa phrase : « Chaque matin, quand j’ouvre les yeux, c’est un bonus pour moi ».

Si son corps mourait à petit feu, son âme grandissait en lui.

Sa peur de mourir ne l’avait pourtant jamais quitté.
Il l’a transformé en faim de vivre.
Le cancer l’a finalement ramené à l’amour, en opposition à ce qu’il avait vécu enfant.
Il m’avait montrée la voie.

Puis son activité terrestre a pris fin.
Son âme a poursuivi le job à travers celles et ceux qui l’aimaient : sa femme, ses enfants, ses petits-enfants.
Il nous a passé le flambeau.

Mon propre processus de prolifération de cellules anarchiques a alors pu débuter.
Mon cancer à moi.

A sa mort, j’étais intérieurement l’exacte opposée de ce que je suis aujourd’hui.
Enfin presque, parce qu’il reste du job.
J’étais à côté de moi-même.
Mais je ne le savais pas encore.

Petit à petit, certaines de mes cellules se sont mises à détruire leurs copines, quand d’autres ont simplement muté. Mon corps s'est manifesté en premier.
J’ai perdu du poids, j’ai été malade, j’ai commencé à ressentir de la douleur.
J’ai redécouvert mon propre corps.
J’ai eu mal, pour moi, pour la 1ère fois.

Papa s’est manifesté en chaque homme que j’ai rencontré.
Chez ma flamme jumelle évidemment, ce révélateur de mes propres blessures et des blessures transgénérationnelles que je portais en moi. Cet homme, mon opposé complémentaire, dont je partage la conscience, et qui m’a fait comprendre que la séparation n’était qu’une illusion.
Chez mes deux âmes jumelles, en miroir l’une de l’autre avant et après ma reconnexion avec ma FJ. Ces deux hommes qui m’ont reconnectée à moi, à ma propre individualité.
Chez toutes mes âmes sœurs masculines, ces hommes qui ont su me redonner confiance en l’Homme et me soutenir dans ma place de Femme.

Avant la mort de Papa, j’avais accumulé compétences, connaissances, diplômes, expériences, sans réellement savoir pourquoi. La super empathe que j’étais se taisait et faisait ce qu’on attendait d’elle. Elle attendait son moment.
Depuis la mort de Papa, et depuis la reconnexion avec mon autre partie de moi-même, mon travail personnel consiste à mettre du sens sur tout ça.
A mettre de la conscience.
Je deviens empathe avec moi-même.

Cela passe par une grande démarche scientifique, des recherches, des essais-erreurs.
Soignante, j’ai cherché un remède à mon cancer, qui m’entraînait inexorablement vers une mort de moi-même.
J’ai cherché des raisons à mon cancer.

Mais non, il n’y en a pas.
C’est ainsi.
Autant que le cancer de papa, le processus de transmutation individuelle, l’alchimisation, survient quand c’est le moment.
Carl Jung l’a si bien décrit.
Le processus d’individuation.

La découverte de mon statut de flamme jumelle a été une déflagration libératrice.
Je me rappelle lors de mon hémorragie abdominale (diagnostiquée tard, il a fallu que j’attende d’avoir 3 litres de sang dans le bide et ne plus pouvoir me mouvoir pour que je daigne aller aux urgences…), j’ai été soulagée d’apprendre en même temps le diagnostic et le pourcentage de chances que j’y passe. Assez élevé quand même.
Le doute fait paniquer.
Le savoir apporte la clarté, quelles que soient les fins possibles.

J'ai évidemment traversé les phases du deuil à l'annonce de cette atteinte : le choc, le déni, la colère, la négociation, et l'acceptation.
J'ai longtemps refusé d'admettre cette réalité, non seulement parce que je déteste la catégorisation mais surtout parce qu'elle me rattachait à quelque chose que j'exécrais jusque-là. 
Bref, tout l'enjeu de ce parcours: nous faire traverser nos peurs.

A l’instar d’un diagnostic de cancer, c’est par le diagnostic différentiel et l’élimination d’autres maladies possibles que la conclusion s’est imposée.
Si le cancer est une maladie physique, objectivable par des examens médicaux, la flamme-jumellite est une atteinte spirituelle.
Ce n’est pas une dépression.
Ce n’est pas une emprise.
Ce n’est pas une bipolarité.
Ce n’est pas un syndrome dissociatif.

Pour autant, un ensemble de symptômes concordants permet toutefois la certitude d’être atteint de ce mal/bien et de rendre ce processus spirituel et intérieur visible extérieurement: des étapes spécifiques respectées, des synchronicités constatées par des tierces personnes, des conscientisations que seules les personnes touchées peuvent recevoir, la connexion progressive et intriquée avec d’autres FJ, la mise en œuvre de la mission de vie...

A la différence qu’aucun médecin ne peut poser de diagnostic.
L’originalité de cette atteinte tient au fait que seul le patient en est capable.

Parce que cette mal-a-dit est un parcours de Foi.
C’est d’ailleurs à mes yeux le seul critère qui permet de différencier cette atteinte de toute autre maladie psychique : le lien au sacré.
Le retour à la Source.
La connexion divine.

C’est à la fois le chemin et la destination.

Le chemin est la destination.

J’ai le sentiment d’avoir traversé le miroir de mon existence pour dénouer le fil de ma vie passée.
Je revis une à une mes expériences précédentes pour en changer la direction, en osant mettre la lumière dessus et ne plus les occulter.

Le cancer peut se soigner.
Par une intervention extérieure, médicale.

La flamme jumellite est à la fois la maladie et le soin.
Le patient est son propre médecin.
C’est à lui de faire ses recherches, de s’administrer ses remèdes, de prescrire ses cures, de gérer sa convalescence.

Il y a l’avant et l’après diagnostic.

Tout comme lors de mon hémorragie abdominale, je me sens soulagée de connaître de quoi je suis atteinte.
Parce que je ne suis pas la première et ne serai pas la dernière.
Je suis une parmi d’autres.
Je ne suis pas seule à vivre ça, et je peux m’appuyer sur les expériences passées d’autres personnes pour mettre du sens sur ce que je vis.
Cela rend ce chemin éprouvant bien plus léger.
C’est la force du collectif.

« L’inconscient collectif contient tout l’héritage spirituel de l’évolution de l’humanité né de nouveau dans la structure du cerveau »
C.G Jung

J’ai bien conscience que ce texte peut paraître obscur aux personnes qui découvrent l’existence des flammes jumelles.
Je vous comprends tellement…
C’est un des textes les plus difficiles que j’ai eu à écrire et à poster.
Parce qu’il révèle la part la plus intime de moi-même.
Mes proches et les personnes gravitant dans mon cercle de confiance n’ont plus aucun doute quant à l’existence de cette partie de moi. Non seulement parce qu’ils me croient, mais et surtout parce qu’ils ont en eu la preuve.
Ils ont vu ce qui était invisible, par des actes, des mouvements.

Jusqu’à aujourd'hui, je redoutais le moment où il allait falloir montrer, révéler les preuves de tout ça.
Montrer l’évidence.
Mais au final, n’est-ce pas déjà ce que je fais ici et là par les récits de mon quotidien, et mes textes canalisés ?
Peut-être arrivez-vous déjà à lire la main divine derrière tout ça à travers toute la symbolique…




Coeur du labyrinthe de la Cathédrale de Chartres.

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