Carte postale

 Je suis aux Sablettes, ce lieu paternel qui a toujours su me remuer.

Cette session estivale ne semble pas faire exception.

Je n’ai pas écrit ici depuis longtemps.
Cet espace où mon cœur parle à ma plume, où je raconte ce qui passe par ma tête et mes mouvements.

Je n’en ressentais plus l’envie ni le besoin.
Et parce que j’avais besoin de me protéger.
De protéger mon intimité, mon être tout nouveau que j’apprenais à découvrir.
Je me sentais vulnérable.

Si vous êtes lecteur de ce blog, et/ou si vous me connaissez personnellement, vous avez pu assister à l’évolution de cette Aurélie.
Une évolution qui a débuté au décès de mon père.

En 6 ans d’absence de figure paternelle, mon existence a consisté en la recherche d’un équilibre via l’autre. Freud n’avait pas tellement tort.

Avant la mort de papa, je cumulais les apprentissages à travers moi-même.
Depuis son décès, mes expériences se sont faites via l’autre.
A travers toutes mes relations.

Le prise de conscience brutale de ce fait a eu lieu lors de la fin de la relation qui a su révéler toutes les parts d’ombres de chacun.
De là a débuté pour moi le processus d’individuation théorisé par Jung.
Atteindre ses profondeurs.
Et faire un choix : disparaître ou se montrer.

J’ai choisi de vivre.
Ne plus survivre.
D’apparaître telle que j’étais réellement.

Faire ce choix n’était que le début.
Il a fallu ensuite affronter l’extérieur.
Se détacher du regards des autres et de leurs pensées.

Et comme j’ai besoin de comprendre pour avancer, je me suis plongée dans la philosophie stoïcienne, la physique, la psychologie des couples anxieux/évitants, les récits spirituels et religieux autour des couples alchimiques, les pathologies narcissiques et encore bien d’autres choses…

Quand j’ai finalement intégré l’illusion de la séparation entre l’autre et moi, tout s’est allégé.

J’ai bien conscience que certaines de mes phrases peuvent paraître obscures à certaines personnes.
Non pas qu’elles soient limitées dans leur intelligence, mais simplement parce que cela peut rester abstrait et qu’elles apprennent différemment que par les mots.

Il y a quelques jours, un ami m’a dit « tu as pensé à faire une série Netflix avec ta vie ? » Une phrase qui fait écho avec des moments passés avec une autre amie, que je vois environ tous les 6 mois, et qui attend la mise à jour de ma série Netflix à chaque cocktail.
J’ai bien conscience que ma vie n’est pas aussi linéaire et lisse que d’autres.
Elle n’est ni meilleure ni moins bien.
C’est simplement ma vie.
Chaque récit publié ici est basé sur des faits réels, vérifiables et objectivables.

Il y a plusieurs mois, j’ai arrêté de partager mes instants de vie.
Pourtant l’écriture est mon art introspectif.
Mais j’avais saisi que certaines personnes se servaient de mes partages pour ce que je voyais alors comme des attaques.
Et je n’étais pas prête à contrer tout ça.
J’étais encore trop fébrile.

Aujourd’hui, de nouveau, je découvre l’envie de partager quelques instants de mon quotidien.
Il existe plusieurs raisons derrière tout ça.

La première, et certainement la plus importante, est que je n’ai plus peur.
Les fameuses attaques que je pouvais percevoir alors n’en étaient absolument pas. Du moins pas contre moi. Chaque parole fausse, chaque récit créé de toute pièce, bien loin des faits réels, reviennent toujours à l’envoyeur. Sous des formes bien différentes. La vérité se révèle toujours. Je parle d’expérience.
Toutes ces personnes qui se sont éloignées de moi sans jamais m’avoir demandé ma vérité, ou celles qui ont tenté de me dénigrer auprès de mes proches sans parfois même me connaître, ont simplement eu le rôle de me montrer qu’il était temps de me tourner vers d’autres personnes. Elles ont toute ma gratitude. Grâce à elles, j’ai pu rencontrer des personnes vraies.
Je n’ai plus peur de faire peur.
J’accepte d’être le mauvais objet.
Et ce n’est pas pour autant que je n’aime pas ces personnes.
J’ai été à leur place, je les comprends.
Donc oui, je les aime.
Même si ce n’est pas réciproque.

La seconde est que j’ai compris mon job, ma mission.
L’alchimie sociale.
Il y a un an, ce terme a jailli de mon cerveau sans que j’en comprenne réellement le sens. Depuis quelques mois, c’est assumer ce titre qui m’a ouvert de nouvelles portes professionnelles et de nouvelles sources autant d’apprentissages que de revenus.
Mon truc à moi, c’est de voir les liens, et de les aider à évoluer.
En vulgarisant, en partageant des faits réels, des vérités irréfutables.
Trouver le point d’accroche, l’ancrage au milieu d’un lien chaotique.
Et le traduire en acte, en comportement, en truc accessible et non en concept de développement spirituel.
Expérimenter, même si cela déplaît à certains. Je n’ai pas le choix. C’est ce que je suis.
Ecrire à nouveau sur ce blog, c’est aussi partager certains instants de vie qui peuvent parler à quelques personnes. Revenir à l’essence même de cet espace personnel et qui m’a valu de chouettes retours, intimes et émouvants.
Tout en continuant à prendre de la hauteur à travers mes posts sur l’Alchimie Sociale.

Et la dernière raison est que je ne suis plus seule.
Il y a 1 an, j’écrivais « Vivre, Vieillir et Aimer », que je suis en train de terminer de publier, chapitre par chapitre. Un livre catharsis qui explore les différents types de liens et leurs possibilités d’évolution au cours du temps.
Quand j’en ai terminé l’écriture, je me rappelle m’être dit « bon, il est temps pour moi d’expérimenter la relation consciente ».
A partir de là, j’ai vu arriver dans ma vie des hommes sains, capables, sécures. Mon cercle s’est enrichi de ces présences masculines sécurisantes et bienveillantes. Des relations de tous types.
Toutes m’ont permis de cheminer à travers leurs regards et leurs actes cohérents envers moi. Grâce aux 3 piliers indispensables de ma vie : confiance, respect et sécurité.
Ces hommes m’ont aidée à reprendre confiance en les Hommes. A les comprendre, à me comprendre à travers eux. Ils sont toujours présents dans ma vie, ils sont mon armée de l’amour. Et ils l’ont tous accepté en conscience.
Et surtout il y a Lui.
Celui qui s’est pointé le jour où je me sentais en total amour de moi-même, seule.
Celui qui m’a vue et qui m’a choisie.
Celui que j’ai vu et que j’ai choisi.
Par envie et non plus besoin.
Dans l’Amour et non plus le manque.
Celui qui est présent.
En pleine conscience.

J’écris ces lignes alors qu’il est assis sur ce canapé où était assis mon père il y a bien longtemps, en train de préparer une activité pour notre tribu, avant de prendre le chemin du lieu où nous pourrons tous savourer un instant d’éternité enveloppés de l’énergie paternelle.

Sigmund, c’est bon, j’ai terminé ma psychanalyse.
J’attaque l’expérimentation.

Ce texte a jailli de moi.
C'était le moment semble-t-il.
Je ne sais absolument pas ce qu'il en découlera.
J'ai Foi.






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